[Intro] Six heures pile, bleu sur les vitres Le café tombe, les portes crient Quelqu’un court sans mettre son titre Dans le grand dossier de la nuit [Verse 1] Au quatrième, un poing sur la porte Des bottes montent deux par deux Le couloir avale les cohortes De voix dures et de radios bleues Une mère crie le nom d’un fils Un frère filme depuis l’angle mort Le néon fait des cicatrices Sur les murs déjà trop forts [Pre-Chorus] Je tiens la rampe, main glacée Le métal vibre sous mes doigts Je veux descendre, je veux rester La peur me parle avec ma voix [Chorus] Sirènes à Six Heures, réveillez la ville Nos fenêtres répondent à vos fusils Sirènes à Six Heures, vous prenez les fils Mais la rue n’oublie pas qui fait du bruit [Verse 2] En bas, Nadia pousse la grille Sarah serre son téléphone Inès dit: “Ne reste pas fille De ton silence et de leur zone” Les voisins sortent en chaussettes Peignoirs, manteaux, cheveux mouillés Un vieux monsieur lève la tête Et tape au sol avec sa clé [Pre-Chorus] Le bloc entier tient dans la cage Comme un cœur pris dans l’acier J’entends monter dans chaque étage Un mot simple: “On va descendre” [Chorus] Sirènes à Six Heures, réveillez la ville Nos fenêtres répondent à vos fusils Sirènes à Six Heures, vous prenez les fils Mais la rue n’oublie pas qui fait du bruit [Drum Break] Boum sur la marche Boum dans le hall Boum sur la vitre Boum dans le sol [Breakdown] Je descends Pas pour hurler seule Je descends Avec tout l’immeuble Je descends Le froid dans les dents Je descends Et la peur recule [Bridge] Quand ils ont poussé Karim dehors Son manteau ouvert sur le matin J’ai vu son regard chercher le nôtre Comme une allumette cherche une main Alors ma gorge a lâché le mur Pas un grand mot, pas un discours Juste son prénom, net et dur Et le quartier l’a pris en retour [Final Chorus] Sirènes à Six Heures, réveillez la ville Nos fenêtres répondent à vos fusils Sirènes à Six Heures, vous prenez les fils Mais la rue n’oublie pas qui fait du bruit Sirènes à Six Heures, notez nos visages Demain vos gyrophares verront nos barrages [Outro] Six heures trente, fumée légère La rue garde l’odeur du frein Sur la rampe, ma main entière A laissé chaud contre le matin